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Durant mes premières années dans les bars, de la mi-janvier à la mi-mars, c’était la poisse. Le moment de l’année où t’étais mieux d’avoir pilé le cash du temps des fêtes parce que les clients se faisaient rares. J’ai la chance d’avoir une mémoire d’almanach du Peuple, et ça me permet de relativiser quand j’entends le monde capoter, les jeunes qui en sont à leur deuxième ou troisième année dans le milieu et qui s’inquiètent outre mesure du dernier mois qu’on vient de vivre.

Si je me rappelle bien, -probablement à cause des fake changements climatiques-,les deux-trois dernières années, en février, il faisait relativement doux. Cette année, on assiste à des montagnes russes entre les 2 degrés et les moins 20 avec facteur vent qui met ça à moins mille. Et une tempête de neige aux trois jours. Bien sûr, j’en beurre un peu, mais il a fait frette pas mal de journées en février, et il a neigé en masse, alors qu’on avait presque rien eu depuis le mois de novembre.

Et la récession se fait attendre, donc les gens travaillent et ne sont pas assez désespérés pour avoir envie de boire leurs émotions -sauf exception-. Hahahaha! Loin de moi de vouloir rire de la misère humaine, mais à part Scott Gomez et Jean Charest, les raisons de boire sont minces et la température est à chier. D’où ce mois de février de merde. Même les matchs des Habs ont perdu la cote.

Mais l’Amérindien en moi prévoit un beau printemps et un été chaud. Chaud politiquement, chaud aussi parce que le soleil se dirige vers son pic d’activité. Pas une semaine ne se passe sans que n’apparaisse une méga tache qui nous garroche des particules et du gros rayonnement sale. Rien à voir avec le petit CO2 minable. Quand le Big Boss du climat est en chaleur, on s’en ressent. Alors patience les amis, patience, le beau temps s’en vient.

Fuck les maudites marmottes qui disent n’importe quoi. Je comprends d’ailleurs pas pourquoi on leur redemande à chaque année. Si vous voulez savoir quand le printemps revient, ce ne sont pas les marmottes que vous devez truster. Les véritables annonciateurs du printemps, ce sont les goélands. Ils ne se trompent jamais. Parfois, ils arrivent et y a encore plein de neige, mais ils savent mieux que quiconque le bon moment pour arriver.

Alors surveillez les goélands!

La frontière

Cela fait quelques temps que ce sujet me trotte dans la tête. En tant que brosseux professionnel, j’ai eu la chance d’en voir de toutes les couleurs au cours de ma carrière dans les bars. Mais, je viens de le dire, je suis un professionnel. Sans dire que je n’ai jamais franchi cette limite, quoi que de mémoire et selon ma réputation, je n’ai pas été souvent déplacé ou désagréable, du moins pas comme sur les pubs d’éduc-alcool. Bien sûr, j’ai souvent été baveux, un peu fendant, mais, sauf une couple de fois, pas blessant ou dégeu au point d’avoir à me battre ou à faire pleurer quelqu’un.

Tout cela réside, d’abord en ma capacité à supporter l’alcool. Ensuite, parce que, je crois que la désinhibition fait ressortir ce qui est refoulé : la colère, le malheur, la joie, la tristesse, la confiance, le manque de confiance, l’insécurité, et j’en passe.

Quand je travaillais comme attaché politique, je me suis obligé à ne plus boire. La misère humaine que je cotoyais à tous les jours (je n’ai jamais vu autant pleurer de gens que dans mon bureau lorsque je travaillais dans le bureau de comté d’Hochelaga-Maisonneuve), je n’osais jamais en parler tellement elle était horrible et me déprimait aussi horriblement. Et dès que j’avais un verre dans le nez, malgré moi, ça sortait, lors d’une discussion, lorsque quelqu’un osait minimiser cette misère des autres, autour d’un repas, dans un 5 à 7 ou ailleurs. Et quand je me choque, dans la vie, c’est parce qu’on vient me chercher deep, très deep. Je suis un gentil, et je l’assume. Sauf quand je débats; je débats plus comme un Européen que comme un Québécois : sans mettre de gants blancs. Une fois le débat fini, si on s’aimait, on s’aime encore, et si on ne s’aimait pas, eh bien on reste poli. Bon, avec le temps, j’ai trouvé un mantra qui me permet de rapidement calmer mes ardeurs alors j’ai atteint un certain équilibre qui m’évite de me laisser emporter par ma grande sensibilité. Encore besoin de pratique mais je me soigne.

Donc, avec le temps, j’ai pu mieux comprendre certaines personnes de mon entourage en les voyant dépasser cette frontière, celle où le ÇA  de Freud ressort dans toute sa splendeur. Certains deviennent plus joviaux et aimants, d’autres deviennent des monstres qui font peur, ou des petits enfants blessés ou tannants. Ainsi, mon travail me fait réaliser à quel point nous avons tous des façades de performants, et à quel point, lorsqu’on décide de dépasser cette frontière entre « party le fun » et la « honte », voire même la « disgrâce », nous ne nous faisons qu’une quick psychanalyse, faut de moyens ou de guts pour aller consulter pour vrai.

Je disais à mon coloc ce matin comment j’avais l’impression, après une soirée au bar, que plein de gens s’haïssaient inconsciemment. Un peu comme les personnes qui s’automutilent, certaines personnes utilisent l’alcool pour, non pas se faire du bien, mais se faire du mal à eux-même. Qu’elles ne se préparent pas à voir venir la frontière et même qu’elles planifient à l’avance la dépasser. Se détestent-ils ou elles à ce point, en secret?

Personnellement, j’haïs les hangover. Et j’en ai eu, plein, mais la plupart légers, sauf dans mes grands moments de malheur. Et chaque fois, je me disais que ce serait le dernier. Et un jour, pouf, un autre. En bout de ligne, j’ai réussi à me dompter. Le premier de l’an est redevenu une journée agréable. Le jour de ma fête aussi. Ces petits évènements où je me dis que c’est logique de les vivre dans le bonheur, je modère mes transports. L’alcool déshydrate, alors c’est normal d’avoir de plus en plus soif lorsqu’on brosse. Le Perrier est devenu mon ami. Et même si je fais rire de moi avec ma bouteille verte, à 3h du mat ou le lendemain, c’est moi qui ris… Qu’on vienne me forcer à me détruire, pour voir, et je deviens aussi glissant qu’une truite. Ou je disparais. Si la guerre n’est pas une raison pour se faire mal, comme cette belle phrase de La guerre des tuques, l’amour ou l’amitié l’est encore moins.

Le pire, c’est qu’en alternant 1:1 (eau et drinks), y a pratiquement moyen de boire un 26 onces (si vous voulez jouer aux toffs) en une soirée et rentrer chez vous drette. Et pour moi, en tant que gérant de bar, je préfère vous entendre me dire, le lendemain soir d’une belle soirée : « Quelle soirée trop cool! » que « Tabarnak que j’étais fini hier, c »est pas demain que je recommence! ». Vous comprendrez que sur le long terme, le party juste assez le fun y gagne sur les méga-dérapes que tu revois pas le monde au bar pendant un mois, parfois plus. Et même que, quand leur vie intérieure va mieux, c’est pas chez-vous qu’y viennent fêter ça…

Mais, pour ceux qui me connaissent, je ne vous laisserais pas vous enfoncer si vous m’attrapez à temps lors d’une dérape. J’ai mes petits trucs de grand-mère, pour à tout le moins minimiser la souffrance des ivrognes. Mais venez pas me voir quand vous avez déjà une haleine de vomi-en-préparation.

Et tout ça, parce que je vous aime.

Me revoilà. Après trois jours du côté de chez L’Équilibriste, je reviens faire un petit tour par ici. Je crois qu’à l’avenir, histoire de laisser aux lecteurs le temps de digérer ce que je leur envoie en pleine gueule, j’écrirai une journée sur deux ici, et l’autre sur l’Équilibriste, qui, ma foi, va très bien. J’ai eu la grande surprise de voir que, pendant mon absence de 5 mois, j’ai reçu près de 20 000 visites sur le blogue que j’avais laissé pour mort. Très drôle!

Vous savez, quand j’ai donné naissance à ce blogue-ci, je me suis compromis en affirmant que j’en avais marre de la politique. Mais suite à mon apparition à l’émission Huis-Clos, j’ai eu droit à tant de réactions et tant d’appel à mon implication que ça m’a fait réfléchir. Pas autant, cependant, que la séparation douloureuse que j’ai vécue avec celle que j’appelle encore affectueusement ma « twin » (voir ce billet et ce billet à cet effet) et j’ai décidé de lui laisser toute la distance et l’air dont elle avait besoin, forever. Après avoir eu l’impression qu’on m’avait arraché un bras, j’ai vite eu un reality check : qui étais-je réellement, moi? Simplement un gérant de bar, ou quelque chose de plus? Et ce quelque chose de plus, c’était quoi?

On dit qu’on peut sortir le gérant du bar, mais jamais le bar du gérant. Il en est de même pour la politique. Je pourrais passer des heures à vous expliquer mon cheminement sur cette question, mais j’en ai rien à foutre. C’est à prendre ou à laisser. Je n’ai plus le temps de tergiverser avec des avocats du Diable, ils m’ennuient à mourir. Qu’ils fassent quelque chose si ça leur chante, moi je suis mon intuition. Qui d’ailleurs est dans le tapis.

Lorsque j’ai quitté le merveilleux monde de la politique et du social, le retour dans les bars était tout à fait naturel. Et j’y suis encore comme un poisson dans l’eau. Mais j’ai du temps libre, beaucoup de temps. Alors je mène de front quelques projets. Mais j’avais oublié une promesse que je m’étais faite. Contribuer au congédiement de notre détesté Premier Ministre.

Je n’ai pas tenu promesse, jusqu’à maintenant. Mais j’ai repris des forces, et surtout, regagné ma confiance. Comme dans tout, ce n’est qu’une question de timing, et les dernières semaines m’ont fait réalisé à quel point il y avait des leaders de merde un peu partout. Je tiens à remercier certains gérants de bars et autres gestionnaires de me l’avoir rappelé par leur type de gestion; ils auront eu une utilité certaine dans mon cheminement. Et, en bout de ligne, ils auront contribué à me remettre sur la bonne track, et à me retrouver. Ce sont peut-être des leaders pourris, mais au moins d’excellents enseignants à l’école de la vie. S’ils peuvent s’accrocher à ça, c’est déjà encourageant. J’en vois déjà quelques uns venir me demander si je parle d’eux; on a tous été un peu poches dans notre vie de leader, on a tous eu nos petits power trips, mais s’ils se posent la question, ils ont une conscience, donc la possibilité de se regarder le nombril, de s’améliorer et d’atteindre le niveau de confiance qui fait disparaître ce sentiment d’infériorité et d’insécurité patente qui caractérise les leaders poches… Et j’ajouterai que même les meilleurs se remettent en question.  Les scélérats, ce sont ceux qui ne le font jamais, du moins ouvertement, et qui, lorsqu’ils le font, n’en tirent jamais rien…

Ainsi, bien reposé après toutes ces remises en question, je repars en croisade. C’est pas vrai qu’on va  continuer à se faire fourrer de la sorte. Beaucoup de gens ne le remarquent pas, mais il y a, à l’échelle global, un éveil qui se produit chez des millions de gens. J’ai même été surpris de recevoir des messages de gens qui s’étaient reconnus dans mon billet sur les âmes jumelles. J’aime croire qu’il n’y a pas de coïncidences dans la vie, ça la rend plus intéressante. Cet éveil, on le voit à l’oeuvre au Moyen Orient. On le sent,  pourvu qu’on y prête l’oreille. Et c’est dans ces moments d’éveil que les David font face aux Goliath, et gagnent.

C’est dans ces moments que les chevaliers sortent de l’ombre. Que les histoires de princesses arrivent pour vrai, que l’humanité progresse. Alors entre deux shifts à faire de la paperasse et m’amuser avec les clients, entre deux projets de business, je prépare les projets qui me permettront de mener une vie agréable, et la société dans laquelle je voudrais élever mes enfants.

La grande famille

Party staff d'été

 

Bien que Montréal soit une ville de près de deux millions d’habitants, le monde est petit. Et dans le milieu des bars, le monde il est encore plus petit. Parce que les gens font leur école à un endroit -moi ce fut le Saint-Sulpice, comme des tonnes d’entre nous, à la grosseur que ça a et l’immensité de son payroll. Ensuite, les vétérans pilent de l’argent, investissent dans des bars miteux et les retapent. Ensuite, vient une nouvelle génération d’employés qui se greffent aux Vieux, dont je suis.

Et lorsqu’on a envie de sortir, on se retrouve dans le bar d’un autre, et vice-versa. Au Edgar, par exemple, on a une soirée qui s’appelle les Mercredi des amis : c’est une soirée où on a offert des incitatifs aux employés pour qu’ils viennent passer la soirée en famille, et amènent leurs amis, ou on invite les amis des autres bars à faire la virée avec nous. Avec succès.

Nous sommes donc une des grandes familles de trippeux de l’île. Celle du Plateau-quartier latin-rue St-Denis. Il doit sûrement y en avoir une pour la gang de St-Laurent (nos cousins plus éloignés) et dans l’Ouest (genre Crescent et ce coin là).

Mais comme dans toute famille, y a des gens qui s’aiment plus, d’autres qui se méprisent, d’autres qui ragotent dans le dos des uns, des couples qui se forment, des ruptures, du vol d’employés, parfois simplement du mouvement de un à l’autre. Nous nous faisons compétition, et la plupart du temps, c’est fait de bonne foi. Chaque endroit à son petit cachet, sa recette, ses employé-es aux énergies différentes. Un vendredi soir, une personnne peut marcher de St-Laurent à Iberville, sur l’avenue du Mont-Royal, et faire une véritable tournée des grands ducs. Aller saluer ses amis de toute la rue et diversifier le trip d’ambiances. C’est la beauté d’une saine compétition; chacun tente d’apporter sa couleur et tout le monde y trouve son compte. Comme je le disais au début, y a deux millions de clients potentiels à séduire, et le fait qu’ils puissent bouger fait qu’ils se saturent moins vite d’un endroit, ce qui constitue une des grandes craintes d’un bar.

Sans cette dynamique particulière, rares sont les personnes qui fréquentent le même endroit pendant dix ans. Alors il faut toujours tenter d’aller chercher, avec tous les stratagèmes possible, la nouvelle clientèle. Ou espérer une récession (quand c’est le cas, la vente d’alcool devient une valeur sûre, et je n’ai pas à vous expliquer pourquoi…).

Nous vendons du plaisir. Nous sommes une agence matrimoniale à rabais, mais d’excellente qualité. Nous vous faisons oublier vos soucis, on vous  désinhibe, histoire que dans une société de bienséance et d’apparence, vous puissiez avoir une justification (l’ivresse) pour laisser aller votre fou. Parfois ça donne de beaux résultats, d’autres fois, c’est tout  simplement dégueulasse. Parlez-en à ceux qui font le ménage -surtout dans les toilettes des femmes, chose vraiment surprenante- après les grosses soirées.

La vie moderne est plus difficile qu’on le croit, et les beuveries font partie de la panoplie de médecine (je vous ai déjà dit que le quart de l’île est sur les antidépresseurs, si pas plus) qui aide à passer au travers. Tout va très vite, mais comme la grenouille que vous mettez dans l’eau froide et que vous faites bouillir tranquillement, personne ne le remarque avant de commencer à bouillir. Et là, c’est un peu tard.

Alors nous sommes une soupape. Et parmi nous, les gens de bar, il y a ceux qui gèrent bien leurs excès, et les autres qui perdent complètement le contrôle. L’alcool à l’excès vous déprime, vous détruit. Et en vieillissant, on devient plus conscients de cela. À l’approche de mes trente ans, j’ai eu le sentiment de devoir quitter le milieu, puisque l’on ne cessait de me répéter que je ne pourrais pas faire ça toute ma vie, que cela allait me faire vieillir prématurément, et bla bla bla. Le fameux mensonge répété milles fois qui devient une vérité. Et vous savez quoi? J’suis parti travailler dans le communautaire, puis comme attaché politique, pendant environ 2 ans. La vie de bureau, le stress des courriels, des appels, des meetings, de l’heure de pointe, du métro, des épiceries pleines, des deux petits jours de congé,  m’a valu mes 10 premiers cheveux blancs en un rien de temps. Et un niveau de fatigue que je n’avais jamais connu auparavant. Et pour ceux qui me connaissent, qui pourrait croire l’âge que j’ai réellement? Depuis mon retour dans la famille, j’ai restabilisé mon vieillissement. Mes deux boss courent des marathons et des triathlons à l’année. C’est une question de choix de vie, pas de boulot.

On peut vieillir à travailler dans les bars. Bien, même. Il suffit de savoir doser son poison, de profiter des trois, voire quatre journées de congé par semaine, pour bien se reposer.Quand je vais à l’épicerie, au restaurant, sur une terrasse, y a jamais trop de monde, les gens sont au boulot.

Peut-être que le télétravail va prendre plus de place dans un avenir pas si lointain. Mais pour l’instant, quand la majorité d’entre vous travaillez, la ville et tous ces intérêts sont à nous. Et puis, si, comme employé de bar, vous avez du potentiel et de bons employeurs, ambitieux, eh bien un jour vous sortirez de derrière le bar, ramasserez un trousseau de clefs de gérant, et puis monterez dans la hiérarchie au fur et à mesure que la compagnie prendra de l’expansion, c’est à dire par des nouvelles places à ouvrir, à promouvoir et à faire prospérer.

J’ai trouvé ma niche il y a dix ans. Je l’aime, et quand je l’ai quittée, je l’ai regretté, malgré les nouvelles expériences que j’ai pu vivre à travers mes jobs à saveur plus politiques. La prochaine étape s’en vient, et c’est une immense satisfaction de savoir que je ne stagnerai pas tant et aussi longtemps que je demeure avec ma deuxième famille. Bien sûr, je n’ai pas encore d’enfants, mais y a plein de gens dans la gang qui en ont, et leurs enfants n’ont pas l’air pire que ceux des autres. Je dirais même plus que nos horaires de rêve font que nous avons plus de temps pour nous, donc pour notre famille.

Tout n’est pas parfait, mais il y aussi des avantages notables. Si vous êtes faits pour ça. Sinon, eh bien vous serez accueillis chaque fois que le besoin d’ouvrir la soupape se fera sentir.

 

 

Le dormeur

Aujourd’hui, je fais un coming out. Eh non, pas sur mon orientation sexuelle. C’est un gros morceau que je lâche, mais je pense que dans l’ère de transparence dans laquelle le monde semble entré, et compte tenu que mes amis Facebook doivent se demander ce qui se passe avec mes statuts d’un positivisme fatiguant, je crois leur devoir quelques explications.

Il y a de cela longtemps, bien longtemps, ma vie s’est effondrée. C’était en 1995. Je partageais ma vie avec mon premier amour de jeunesse, j’avais un projet révolutionnaire entre les mains, ma vie de rêve était à ma portée et j’entrevoyais l’avenir avec un optimisme sûr. J’étais à deux doigts d’ouvrir le premier café consacré aux jeux en ligne/internet; nos projets intéressaient les médias de la province, Mongrain, Martineau,  tous n’avaient que d’éloge pour ce que certains avaient appelé la naissance du Capitalisme communautaire.

Puis, une erreur de jugement, une chicane de ménage, et ce fut la descente aux enfers.  Des mois à vivre sans salaire, une rupture plus que déchirante, le mépris, la faillite, tout ça à cause d’une trahison horrible. Je me suis mis à boire, et à fumer toute la marijuana qui pouvait entrer dans mes poumons. Recueilli par les employés du St-Sulpice, qui me sauvèrent de la noyade. Mais le mal était fait.

Aussi résilient que je puisse être, je me remis sur le piton, professionnellement, mais j’avais perdu mon âme. Je suis un être sensible; c’est de famille. Chez-nous, t’es pas un homme si tu retiens tes larmes. L’injustice que j’avais vécue se transforma en désir de justice pour tous ceux et celles qui en étaient victimes. Je devins un fin observateur du monde dans lequel nous vivions, mais, incapable d’en supporter la souffrance, je devais me désensibiliser.

Je suis devenu un poteux. Un vrai. Capable d’enligner les joints comme des cigarettes, résistant à l’ivresse, à la brume des « fumes ». Devenant par la même occasion un être plus social qu’intello, plus hédoniste que spirituel. Good Will Hunting. Je devins bussboy d’élite, puis gérant du plus gros  bar de l’île, un chevalier errant parmi les habitants de l’underground Montréalais. J’arrivais à compenser mon état par une volonté presque surnaturelle. Il faut dire que je n’étais pas tout le temps gelé. Seulement lorsque je n’étais pas payé.  Mes journées de congé, mes vacances, se passaient dans un état neuro-végétatif,  à jouer à l’ordi, ou à boire. À dormir tout habillé dans le divan, la bave aux lèvres. Puis à me lever pour aller bosser.

Je sais que les gens n’étaient pas dupes. Mais comme tout le monde a ses secrets, son côté obscur, nul ne m’en faisait part. Je me suis constitué une masse d’amis comme moi, brisés à l’intérieur mais beaux à l’extérieur, et donc j’ai pu éviter d’avoir à me confronter pendant des années. Entre deux jobs de bars, j’ai fait du jeu vidéo, me suis porté à la défense des citoyens les plus démunis, ai été attaché politique.  Mais chaque sortie de l’underground me mettait face aux contradictions et aux horreurs de la société, qui constituait encore mon point focal; l’injustice, toujours l’injustice.

J’eus quelques répits, quelques moments de désintox, qui ne duraient guère, car je continuais de m’abreuver aux sources de l’information, qui, entre deux chiens écrasés et 30 nouvelles consacrées au hockey, nous faisaient entrevoir la dure réalité de la vie humaine. Alors je retrouvait ce désir profond de me désensibiliser. Et sans honte. 25% des montréalais, près de la moitié des Québécois, consomment des antidépresseurs. Je n’aime pas le chimique. Je ne fais pas confiance aux médecins, encore moins aux pharmaciens et leurs fournisseurs. Et la mari me convenait parfaitement. Je pouvais fonctionner, j’étais capable de rire, je n’étais pas complètement apathique. Ça me convenait. Je consommais des quantités inimaginables d’information, toutes allant dans le même sens, celui des « grands qui dirigent le monde en faisant de nous des esclaves ». Je préférais la compagnie de ceux qui pensaient comme moi, à ceux qui fermaient les yeux et se bouchaient les oreilles. Je négligeais tout autour de moi, la procrastination était mon sens.

Parfois, certains de mes amis ayant refait leur vie, me parlaient de mon potentiel, de comment je gâchais des tonnes de talents. Et je répondais que je n’allais jamais contribuer à perpétuer le « système ». Parfois je trouvais l’amour; je sortais un peu de ma bulle de fumée et le ciel gris devenait un peu plus bleu. Je ne rêvais plus, mes nuits étaient comme des comas de huit heures…

Pathétique moi.

Je pourrais vous en conter bien plus. Il y eut de bonnes choses : je suis passé d’un être extrêmement timide à un tombeur de ces dames, le leader naturel en moi a eu des tonnes d’occasion de se faire valoir, avec succès; pour certains, je suis devenu un petit mythe de quartier. Mais c’était le saboteur (comme l’appelait mon psy), qui gagnait toujours. Cette crotte sur le coeur de mes échecs répétés revenait toujours et le réveillait ; il sabotait ma vie, année après année.

Après ma dernière rupture, je subis plusieurs rejets amoureux, toujours pour la même raison  « Je ne veux pas d’un fumeur de weed dans ma vie », dirent-elles toutes. Et puis, un jour, mon ex blonde m’a initié à une technique qui a fait disparaître le saboteur de mon âme. Au fil des mois, je suis devenu plus conscient de moi-même; j’ai réussi à me désensibiliser naturellement de l’injustice et de la souffrance humaine. Il n’en manquait pas gros pour que je fasse le grand saut: me délivrer de ma dépendance.

Le 6 décembre, lors d’une virée monumentale, il s’est passé quelque chose dont je ne veux pas trop parler. J’ai été révélé. Le mur que je m’étais construit a été percé.  Comme ça. Je suis rentré chez-moi avec le dégoût de ce que j’étais devenu. Mais je dansais sur la rue, tellement ça avait fait du bien. Je n’ai pas immédiatement décidé de renoncer à mes vieilles habitudes, mais je savais que ce n’était qu’une question de temps. Cela prit trois semaines.

Ce qui s’est passé par la suite, mes amis facebook l’ont constaté. J’ai vécu une première journée pénible, remplie de frustration et d’irritation, calmées par cette « technique » merveilleuse qui rend la vie si facile. Puis, progressivement, je me suis réveillé, ai aimé ce que je voyais et ai fait le voeu de ne plus jamais « dormir ». Le temps était venu d’être moi-même et de l’assumer.

J’ai ressorti mes vieux projets des boules à mites, ai fait des téléphones, ai fait des rencontres extraordinaires. Et la Vie a fait le reste. Elle m’offre chaque jour des opportunités incroyables. Je me suis retrouvé dans le Bye Bye, puis à faire le plus beau et incroyable voyage de ma vie à Cuba. Ce n’est pas terminé, chaque jour je remercie le Ciel de ces beaux moments, et il m’en envoie d’autres. Je me sens comme un bourgeon qui a mis plus de temps que ses pairs à éclore, mais qui est en train de faire le boulot.

Ma plus grande crainte fut toujours de perdre mes proches, ceux qui vivaient sous le même ciel gris. Aujourd’hui, peu m’importe. La compagnie des êtres négatifs me blase; c’est un sacrifice que je suis prêt à faire. D’autres êtres, lumineux, se sont rapprochés de moi. Et ça me conforte dans mes nouveaux choix. Big Time…

Bien sûr, je demeure un gérant de bar, un être épicurien de nature. Mais je préfère prendre un coup et danser des heures que de m’enfermer avec les Alex Jones de ce monde. Il existe sûrement des « maîtres du monde pas gentils », mais je ne vois pas en quoi ils m’empêchent d’avoir une vie de rêve. Peut-être font-ils plein de victimes, provoquent la souffrance de plein de gens? J’en conviens.

Mais moi, la mienne, ma souffrance, je n’en ai plus envie. Alors je préfère rendre les gens proches de moi, autant que ceux que je rencontre sur la rue, heureux. Quand la masse en aura vraiment marre, je serai là. Entre temps, c’est de bonheur dont j’ai envie. Et j’ai suffisamment donné pour avoir gagné mon Ciel; à d’autres de faire le boulot, si ça leur chante.

Et la vie de bar vous laisse plein de temps pour faire des projets, et des projets, j’en ai. Plein. Et toute l’habileté pour les réaliser.

Je demande pardon à tous ceux et celles que j’ai laissé tomber, que j’ai déçu. C’était un mal nécessaire. Le Saboteur est mort. Je saurai bien me reprendre.

Si ça peut inspirer quelqu’un…

El Sur

Aha! C’est beau le 21e siecle! J’vous écris de mon siège d’avion, en route vers Varadero. Ben pas tout à fait en route. J’attends que le monde qu’on dirait qu’y sont jamais sorti de chez eux finissent de s’installer, qu’on décolle et décâlisse!

La pinte à 12$ est bien loin. Comment ça 12$? Crisse l’aéroport est propriété publique et c’est tout le temps plein! Ah, constatant le QI de la plupart des passagers au fil des minutes, je comprends mieux maintenant pourquoi c’est rendu que plusieurs trucs du Duty Free soient plus chers qu’au Dep.

Bon, j’ai juste hâte qu’on décolle! J’aime ça décoller! J’aime ça l’avion! J’aime moins les touristes. Et je me peux plus; dans 4 heures je ne serai plus une minorité visible.

Je vous expliquerai. J’pense bien partir sur la go durant le vol! Ouais, bonne idée! Brinh the shots!

J’vous raconte ça dès que je retrouve un accès à internet, c’est à dire demain, si Dieu le veut!

Woohooo! Cuba! Sì!

Entendu, y a 30 secondes : non on est pas encore dans le ciel… Tabarnak, wow! On est même pas décrochés de l’embarcadère… Geniuses.

Le jour de l’an

Eh bo-boy...

Non, je n’ai pas passé les 4 derniers jours à me remettre de ma soirée du jour de l’an. Parce que je ne me saoûle presque jamais au jour de l’an. Surtout que le mois de décembre compte suffisamment d’occasion de ce faire. L’affaire, c’est que la soirée du jour de l’an commence le 31 et se termine le premier aux petites heures du matin.

Et, dans une certaine logique, se torcher comme je vois trop de gens le faire au jour de l’an, c’est s’assurer de commencer l’année du mauvais pied. Mais en même temps, j’aime appeler ce moment la Purge de l’an. Comme un lavement au charbon. Les gens qui ont eu une année de merde se désinfectent au gros gin mélangé avec des bulles et tentent par tout les moyens de faire un c:/format de leur disque dur cérébral. Ça va. Sauf que si le trois fait le mois, le premier fait l’année. Je préfère donc me garder au stade cocktail et me réveiller en pleine forme le premier, plein d’histoires mourantes à me rappeler des vomis et des chutes en pleine face des fêtards, certains parmis mes proches.

En ce qui me concerne, l’an 2010 aura été pour moi une année merveilleuse. Y a eu plein d’action en politique, j’ai fait mon premier voyage dans le sud et, surtout, chose que bon nombre de gens ont eu l’air d’avoir oublié : nous avons eu un printemps et un été de rêve! Crime, il faisait 20 degrés la première semaine de mars! Le Canadien a atteint la demi-finale de la coupe Stanley pour la première fois depuis des lustres, entraînant le Québec au complet dans une fièvre des séries mémorables, même pour ceux qui n’aiment pas le hockey (bon, à la fin, on avait tous le foie fini, mais bon, ça arrive une fois aux 20 ans). Juste pour ces deux choses, 2010 aura été une année splendide! Sans oublier mon abonnement à la revue Nexus, qui m’a fait comprendre que les solutions à tous nos problèmes existent déjà, si ce n’était que de la complaisance (encore!) à l’égard de ceux que l’on croit être nos meilleures sources d’information (les médias). Et Projet Montréal a sauvé mon arbre-climatiseur!

Mais, je sais, même si c’est proscrit dans tous les livres de motivation et de pensée positive,  y en a trop, parmi nous, qui s’accrochent à la merde et qui oublient vite le bonheur. Je leur souhaite d’acquérir une plus grande capacité au bonheur pour 2011!

Bien sûr, il y a eu la catastrophe de BP, l’affaire Bellemare, le refus de Jean Charest de tenir une commission d’enquête, le tremblement de terre en Haïti, celui du Chili, le simulâcre de grippe H1N1, la mort de Falardeau et de quelques autres dont je ne me rappelle pas le nom (mais je pense que le repos éternel est plus agréable que la fatalité charnelle, ils sont mieux où ils sont). J’ai dû assumer financièrement le départ d’une coloc pendant 7 mois (à ma demande, je dois le préciser), et c’est peut-être la seule ombre au tableau de la dernière année. Mais je ne vis pas à Port au Prince, ni en Louisiane, ma H1N1 n’avait rien de trop méchant et, tristement, j’ai mis mon empathie de côté pour une simple et bonne raison : si les gens ne sont pas prêts à ruer dans les brancards et à se révolter pour que leur malheur se transforme en bonheur, eh bien il ne me reste plus de larmes à verser pour eux.

Et vous savez quoi? J’aime l’humanité de tout mon coeur, mais ma première résolution de 2011 fut: si le plus loin que les gens sont capables d’aller pour changer ce qui ne veut pas être facilement changé, c’est de chiâler en espérant que ça change sans sortir de leur zone de confort,  alors ils en sont un peu complices de leur malheur, et je serais mieux de rester en dehors de ça.  Ouf, je sais, je suis pas super gentil. Mais j’ai consacré suffisamment de ma vie à essayer d’améliorer le sort de l’humanité pour laisser la place à  d’autres. Je ne suis pas Mère Thérésa. Et quand on lit ce qu’a vraiment été sa vie, je pense que c’était une masochiste. Et j’en ai croisé plus d’un comme elle parmi les sauveurs de monde. Ça m’a même donné la nausée à la longue, d’avoir cette impression que pour certains, la zone de confort,  c’est la souffrance, cette vieille valeur stupide judéo-chrétienne qui n’a, quand on lit les Évangiles, pas grand’ chose à avoir avec les paroles d’un certain dude de Nazareth, qui prêchait la tolérance, le pardon, et surtout pas la complaisance et le chignage de victime.

Cruel, le gérant de bar? Du tout. Je continue de donner tout mon change aux itinérants que je croise durant ma dizaine de kilomètres de marches hebdomadaires (eh oui, je marche la plupart du temps pour aller travailler!). Je continue de souhaiter tout le bien du monde à ceux qui souffrent. Mais ça s’arrête là. Des souhaits. Sauf pour un truc, dont je ne peux parler pour l’instant et qui constituera possiblement ma dernière action politique avant de « vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Vous verrez bien en temps et lieu.

Pour 2011, je m’occupe de moi. De mon bonheur, de celui de ceux qui me sont proches (comme depuis toujours), et de déterminer ce que je veux que ma vie soit cette année. J’ai profité du mois de décembre pour commencer tout ça. Je continue à travailler pour que ça se poursuive.

Alors, comme je l’ai déjà fait sur Facebook, mon souhait pour la nouvelle année, en ce qui vous concerne,  c’est que la vie vous apporte ce sur quoi vous focussez. Bon ou mauvais (je ne jugerai pas votre focus)… Mais, pour ne pas être totalement salopard, je vous souhaiterai aussi que le meilleur de nous même l’emporte sur le whiner négatif qui vit en nous tous.

Surtout que 2011, pour les Mayas, c’est la fin du Calendrier. (2012, c’est une date pour Hollywood). L’apocalypse?La fin du monde? La fin du monde tel que nous le connaissons? Penserais pas. La fin du calendrier, c’est un truc qu’on vit à chaque année. Et quand il est fini, que ce passe-t-il? On le jette et on en pose un autre sur le mur en souhaitant que la nouvelle année soit agréable.

2011, d’après moi, marquera la fin du second moyen-âge et le début de la seconde renaissance. Et en tant que « Renaissance man », j’ai juste hâte.

 

La petite bête.

Nicotine

J’ai commencé sur le tard. Je crois que j’avais quelque chose comme 21 ans lorsque j’ai fumé mon premier paquet. Bien sûr, il m’arrivait de fumer du tabac dans un joint, mais la smoke faisait partie d’un processus de déniaisage. Comme les bars. Heureusement. Un projet d’entreprise à l’eau, une rupture amoureuse par-dessus, et le jeune homme gentil et sage (pas tout à fait, mais définitivement pas trash) en a eu plein le cul et a fait place à de nouvelles expériences. Beaucoup beaucoup de nouvelles expériences. En tout genre, mais que votre médecin de famille -si vous en avez un- ne vous suggèrerait jamais d’essayer.

Ceci dit, au travers de l’apprentissage du trash, venait la dépendance à la nicotine:

« Ben voyons donc, y est trop tard pour commencer. T’es fait’! Et bla bla bla. »

Ben, figurez-v0us que la cigarette m’a permis de renconter la moitié de mes amis proches actuels, a fait de moi un pas pire staff de bar et surtout, bon nombre de mes rencontres « intimes » se sont faites sur une demande de feu, de clope ou de puff de joint.

Mais là, c’est assez. Entendons-nous bien; ce n’est pas la première fois que j’essaie. Il y aura toujours les rabat-joie pour me le rappeler. Mais cette fois-ci, le nombre de sources de motivation est vraiment important, de même que la force de ces sources de motivation.

Non, je ne suis pas enceint. Pas d’enfant non plus à l’horizon. D’abord, une intuition très forte qui me dit que de bien bonnes choses vont m’arriver si j’arrête. Et ces temps-ci, mon intuition est assez juste. Ensuite, des semaines passés à observer les fumeurs qui sont proches de moi,  de les observer de l’angle du mec qui essaie de comprendre jusqu’où va la folie de notre dépendance, eh bien ça a replacé les choses en perspective. Big time.

Définitivement.

Ensuite, c’est un fardeau dans mon budget. Ça me coûte, parce que je me refusais à fumer des cigarettes cheap (quand c’est cheap, c’est pour les gens pauvres, et tout le monde sait que c’est aux pauvres que les industries refilent leurs produits les plus toxiques), le prix d’un paiement sur une méchante bagnole à tous les mois. Et je n’ose plus calculer ce que ça m’a coûté en 14 ans.

Et puis, si vous saviez combien de fois j’me suis fait revirer de bord parce que je fumais, au cours de la dernière année… Maudite bonne raison ça aussi.

Mais vous savez tout ça. Moi aussi je l’ai toujours su, mais je m’en câlissais.

Mais sérieux, j’me sens les doigts depuis ce matin et ça me fait plaisir. J’ai retrouvé un appétit normal et ça me rend joyeux. Je me retrouverai très bientôt avec plein de cash de plus dans’ le budget, et, anyways, on a même plus le droit de fumer dans mon lieu de travail depuis 4 ans, alors à quoi bon? Et, comme me disait mon petit doigt hier soir, juste avant d’arriver : tu le regretteras pas cette-fois-ci!

Et, pour moi, 2011 est une année charnière pour l’humanité. Nous n’avons pas fini de voir de nouvelles révélations sur comment notre monde tourne. Notre civilisation semble à mon avis entrer dans une nouvelle « Renaissance ». Je saute à pieds joints dans l’idée même de Renaissance, sans aucune hésitation, en commançant par moi-même…

J’ai l’air inspiré? Oui, je le suis. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c’est une accumulation de bonnes et belles nouvelles. Ou c’est dans l’énergie ambiante. Il y a quelque chose de magique dans l’air. Certaines personnes voient le ciel leur tomber sur la tête over and over, d’autres vivent des petits miracles à répétition.

Mine de rien, le coloc marié à la nicotine et vieux garçon casanier par principe -j’vous dis que c’est presque un personnage de film de Kevin Smith-, vient de subir un coup de foudre dans des circonstances assez étranges. En plus, je lui avais dit, la semaine dernière :

« Toi, d’ici peu, tu vas te trouver une raison de sortir de ta torpeur…une fille.

-T’es malade. J’ai choisi de rayer ça de ma vie il y a des années. »

Oops! Il avait du pétillant dans les yeux en revenant de chez sa mère, samedi.

Plus que 2 jours avant 2011…

Souriez!Il fut un temps où j’étais gérant de soir et tout le monde me parlait de la difficulté de  vivre la nuit, que ça fuckait le chien et tout et tout. Bof, la seule chose qui a fait que je renonce à la vie de bars pour une longue pause, c’est que je travaillais dans une discothèque et que j’avais remarqué une légère perte auditive.

Parce que, autrement, et ce n’est pas pour insulter personne, mais être à contre-courant de la masse, côté horaire, c’est merveilleux! Les files d’attente et les cohues dans les magasins, à l’épicerie? Inexistantes. Le trafic? Lol. Le parfum des madames et des monsieurs dans le métro? C’est quoi ça? Même avec mon horaire de jour -généralement de midi à huit-, j’ai tout le temps de faire ce que j’ai à faire sans le rush de la masse.

Il y a les semaines, plus courtes. Des week-ends d’au-moins trois jours. Deux semaines de vacances comme tout le monde. Plus, si vous savez budgeter et trouver vos remplaçants.

Quant à la valorisation… C’est un bien grand mot. Sérieux, hormis pour me faire tatouer, je ne suis pas trop un gratteux de gale ou un tripeux de souffrance. Et, étrangement, les boulots supposément les plus valorisants que j’ai eus, furent aussi les plus souffrants. Longues heures plates, environnement peu stimulant, le tout enfoui dans la lecture et la paperasse excessive, engraissant, même. En tant qu’attaché politique, c’était une marée sans fin de souffrance humaine qui m’attendait tous les matins, après la ride de 40 minutes de transports en commun. C’eut été valorisant, si j’avais eu l’impression de réduire la misère humaine. Mais non, un de sauvé, dix de tombés; l’industrie de la misère semble manufacturer la souffrance comme une chaîne de montage.

Je ne suis pas de ce Judéo-Christianisme là, basé sur l’éloge de la souffrance. C’est de la connerie.  L’effort, peut-être. Mais la souffrance, non. Pas nécessaire. Savez, on peut inventer n’importe quelle niaiserie pour se ou se faire valoriser. Soit. J’ai rien contre ça; tout le monde a besoin de se réconforter; malheureusement, très souvent, dans la conformité.

Je pense que notre visage trahit notre vie. Il nous révèle ces heures perdues, cette tristesse, ce ressentiment, notre santé. On y voit la passion dans les yeux, les longues heures au bureau, bref, il est, selon-moi, le reflet du corps, de son usure, de nos choix. Il peut changer, lorsqu’on change de vie, lorsqu’on prend d’autres décisions. Lorsqu’on se repose assez ou qu’on retrouve la passion.

Bien sûr, l’alcool, ça magane, tangiblement et ça a des effets pervers. J’aime pas toujours ma face au réveil et je vois bien que certaines personnes ont un sale problème de consommation. Mais nous avons TOUS un sale problème de consommation, le principal problème de notre société, c’est quoi? La SURconsommation, au point d’en scrapper la planète avec le regard du junkie qui dit : je sais, je scrappe ma vie, mais bon, je peux pas arrêter…

I’ve seen a lotta people drowning indeed…

Mais au-delà de ça je pense que c’est en regardant dans le miroir qu’on peut avoir une bonne petite idée de l’effet qu’ont nos choix de vie sur nous. Et réajuster le tir. Comme j’ai vu plein de gens le faire, du monde de bar comme des gens au métier plus conventionnel.

Bref, pour moi, l’important, c’est la proportion de ma vie que je peux passer avec un sourire dans’ face. Etles sourires que je vois dans les vôtres.

 

 

 

5 heures moins quart

Surprise! Je pense qu’il ne serait de mise qu’un blogue de gérant de bar ne parle d’autre chose que de trucs concernant les commandes et des tranches de vie du passé. Alors je vous donne un aperçu live de la fin de soirée d’un 27 décembre en ce bas monde.

Aussi, parce qu’on me l’a demandé.

« T’es torché? Écris donc un truc sur ton blogue. »

Bon, ok. je vais faire la preuve que soit certaines personne peuvent écrire torchés, soit certaines personnes ne sont jamais torchées. Bon, oh, oh, les âmes sensibles peuvent trouver ça un peu trash, mais non, je suis toujours aussi gentil, mais avec un vocabulaire d’un univers que bon nombre d’entre nous considèrent comme trop hors-norme. Mais bon, j’ai bien trop souvent exprimé mon malaise face au monde dans lequel on vit pour m’avancer plus loin dans le « qui a raison ».

Et  ce blogue, je ne l’écris ni pour les Soeurs de la ségrégation divine, ni pour ma mère. Alors à part pour des noms que je ne citerai pas, j’essaierai d’éviter de me censurer.

Oui, un concours étrange (comme le reste de ma vie) de circonstances aura fait que je me suis retrouvé en plein milieu d’amis de qualité qui, eux aussi, avaient trouvé les dernier jours ternes. Alors j’ai simplement suivi la vague.

Il faut comprendre ici que, d’un point de vue rationnel, pendant la période commençant la deuxième semaine de décembre jusqu’au whatever -en fait, cela dépend de la conjoncture socio-politique et économique-, nous, humbles serviteurs de la nuit, participons à cette purge du temps des fêtes. Purge pour les étudiants qui viennent de perdre 150 heures de sommeil à se bourrer eux-même le crâne de ce qu’on leur dit d’assimiler, purge pour les parents qui profitent de leur party de bureau pour dire leurs quatres vérités aux collègues qui sont -enfin- assez déshinibés pour pouvoir supporter la vérité, purge pour nous tous qui, devant l’hypocrisie érigée en système, profitons de ces quelques jours pour, d’une façon où d’une autre, non seulement faire sortir le méchant, mais aussi ressentir la flamme d’être nous-même et d’avoir une superbe excuse (alcool, party de bureau, etc…) pour ce faire. C’est peu, un mois par année. Mais bon, puisque nous ne nous sommes pas encore totalement entretués, il semble que ce mois fasse relativement la job.

Quatre jours avant 2011. 2010 était, globalement parlant, à chier, sauf si vous aviez une terrasse cet été. Je me dis donc que, s’il faut faire de la pensée positive pour 2011, alors autant commencer ‘tu suite. Je vous conseille donc de voir 2011 comme étant l’année la plus belle et la plus extraordinaire de votre vie.

-De rencontrer l’âme soeur

-De réaliser vos rêves les plus fous

-Que chaque moment de votre vie soit plaisant

-De trouver la guérison (ouais, je sais, le mot est totalement kitsh, mais c’est le plus précis)

-De whatever vous avez envie (attention à ce que vous souhaitez…)

Ce qui ne veut pas dire que je n’aurai rien à écrire jusque là. Mais, j’ai rempli ma mission du jour. Écrire un truc alors que l’on me croyait supposément incapable de marcher sur une ligne droite.

 

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