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Durant mes premières années dans les bars, de la mi-janvier à la mi-mars, c’était la poisse. Le moment de l’année où t’étais mieux d’avoir pilé le cash du temps des fêtes parce que les clients se faisaient rares. J’ai la chance d’avoir une mémoire d’almanach du Peuple, et ça me permet de relativiser quand j’entends le monde capoter, les jeunes qui en sont à leur deuxième ou troisième année dans le milieu et qui s’inquiètent outre mesure du dernier mois qu’on vient de vivre.

Si je me rappelle bien, -probablement à cause des fake changements climatiques-,les deux-trois dernières années, en février, il faisait relativement doux. Cette année, on assiste à des montagnes russes entre les 2 degrés et les moins 20 avec facteur vent qui met ça à moins mille. Et une tempête de neige aux trois jours. Bien sûr, j’en beurre un peu, mais il a fait frette pas mal de journées en février, et il a neigé en masse, alors qu’on avait presque rien eu depuis le mois de novembre.

Et la récession se fait attendre, donc les gens travaillent et ne sont pas assez désespérés pour avoir envie de boire leurs émotions -sauf exception-. Hahahaha! Loin de moi de vouloir rire de la misère humaine, mais à part Scott Gomez et Jean Charest, les raisons de boire sont minces et la température est à chier. D’où ce mois de février de merde. Même les matchs des Habs ont perdu la cote.

Mais l’Amérindien en moi prévoit un beau printemps et un été chaud. Chaud politiquement, chaud aussi parce que le soleil se dirige vers son pic d’activité. Pas une semaine ne se passe sans que n’apparaisse une méga tache qui nous garroche des particules et du gros rayonnement sale. Rien à voir avec le petit CO2 minable. Quand le Big Boss du climat est en chaleur, on s’en ressent. Alors patience les amis, patience, le beau temps s’en vient.

Fuck les maudites marmottes qui disent n’importe quoi. Je comprends d’ailleurs pas pourquoi on leur redemande à chaque année. Si vous voulez savoir quand le printemps revient, ce ne sont pas les marmottes que vous devez truster. Les véritables annonciateurs du printemps, ce sont les goélands. Ils ne se trompent jamais. Parfois, ils arrivent et y a encore plein de neige, mais ils savent mieux que quiconque le bon moment pour arriver.

Alors surveillez les goélands!

La frontière

Cela fait quelques temps que ce sujet me trotte dans la tête. En tant que brosseux professionnel, j’ai eu la chance d’en voir de toutes les couleurs au cours de ma carrière dans les bars. Mais, je viens de le dire, je suis un professionnel. Sans dire que je n’ai jamais franchi cette limite, quoi que de mémoire et selon ma réputation, je n’ai pas été souvent déplacé ou désagréable, du moins pas comme sur les pubs d’éduc-alcool. Bien sûr, j’ai souvent été baveux, un peu fendant, mais, sauf une couple de fois, pas blessant ou dégeu au point d’avoir à me battre ou à faire pleurer quelqu’un.

Tout cela réside, d’abord en ma capacité à supporter l’alcool. Ensuite, parce que, je crois que la désinhibition fait ressortir ce qui est refoulé : la colère, le malheur, la joie, la tristesse, la confiance, le manque de confiance, l’insécurité, et j’en passe.

Quand je travaillais comme attaché politique, je me suis obligé à ne plus boire. La misère humaine que je cotoyais à tous les jours (je n’ai jamais vu autant pleurer de gens que dans mon bureau lorsque je travaillais dans le bureau de comté d’Hochelaga-Maisonneuve), je n’osais jamais en parler tellement elle était horrible et me déprimait aussi horriblement. Et dès que j’avais un verre dans le nez, malgré moi, ça sortait, lors d’une discussion, lorsque quelqu’un osait minimiser cette misère des autres, autour d’un repas, dans un 5 à 7 ou ailleurs. Et quand je me choque, dans la vie, c’est parce qu’on vient me chercher deep, très deep. Je suis un gentil, et je l’assume. Sauf quand je débats; je débats plus comme un Européen que comme un Québécois : sans mettre de gants blancs. Une fois le débat fini, si on s’aimait, on s’aime encore, et si on ne s’aimait pas, eh bien on reste poli. Bon, avec le temps, j’ai trouvé un mantra qui me permet de rapidement calmer mes ardeurs alors j’ai atteint un certain équilibre qui m’évite de me laisser emporter par ma grande sensibilité. Encore besoin de pratique mais je me soigne.

Donc, avec le temps, j’ai pu mieux comprendre certaines personnes de mon entourage en les voyant dépasser cette frontière, celle où le ÇA  de Freud ressort dans toute sa splendeur. Certains deviennent plus joviaux et aimants, d’autres deviennent des monstres qui font peur, ou des petits enfants blessés ou tannants. Ainsi, mon travail me fait réaliser à quel point nous avons tous des façades de performants, et à quel point, lorsqu’on décide de dépasser cette frontière entre “party le fun” et la “honte”, voire même la “disgrâce”, nous ne nous faisons qu’une quick psychanalyse, faut de moyens ou de guts pour aller consulter pour vrai.

Je disais à mon coloc ce matin comment j’avais l’impression, après une soirée au bar, que plein de gens s’haïssaient inconsciemment. Un peu comme les personnes qui s’automutilent, certaines personnes utilisent l’alcool pour, non pas se faire du bien, mais se faire du mal à eux-même. Qu’elles ne se préparent pas à voir venir la frontière et même qu’elles planifient à l’avance la dépasser. Se détestent-ils ou elles à ce point, en secret?

Personnellement, j’haïs les hangover. Et j’en ai eu, plein, mais la plupart légers, sauf dans mes grands moments de malheur. Et chaque fois, je me disais que ce serait le dernier. Et un jour, pouf, un autre. En bout de ligne, j’ai réussi à me dompter. Le premier de l’an est redevenu une journée agréable. Le jour de ma fête aussi. Ces petits évènements où je me dis que c’est logique de les vivre dans le bonheur, je modère mes transports. L’alcool déshydrate, alors c’est normal d’avoir de plus en plus soif lorsqu’on brosse. Le Perrier est devenu mon ami. Et même si je fais rire de moi avec ma bouteille verte, à 3h du mat ou le lendemain, c’est moi qui ris… Qu’on vienne me forcer à me détruire, pour voir, et je deviens aussi glissant qu’une truite. Ou je disparais. Si la guerre n’est pas une raison pour se faire mal, comme cette belle phrase de La guerre des tuques, l’amour ou l’amitié l’est encore moins.

Le pire, c’est qu’en alternant 1:1 (eau et drinks), y a pratiquement moyen de boire un 26 onces (si vous voulez jouer aux toffs) en une soirée et rentrer chez vous drette. Et pour moi, en tant que gérant de bar, je préfère vous entendre me dire, le lendemain soir d’une belle soirée : “Quelle soirée trop cool!” que “Tabarnak que j’étais fini hier, c”est pas demain que je recommence!”. Vous comprendrez que sur le long terme, le party juste assez le fun y gagne sur les méga-dérapes que tu revois pas le monde au bar pendant un mois, parfois plus. Et même que, quand leur vie intérieure va mieux, c’est pas chez-vous qu’y viennent fêter ça…

Mais, pour ceux qui me connaissent, je ne vous laisserais pas vous enfoncer si vous m’attrapez à temps lors d’une dérape. J’ai mes petits trucs de grand-mère, pour à tout le moins minimiser la souffrance des ivrognes. Mais venez pas me voir quand vous avez déjà une haleine de vomi-en-préparation.

Et tout ça, parce que je vous aime.

Me revoilà. Après trois jours du côté de chez L’Équilibriste, je reviens faire un petit tour par ici. Je crois qu’à l’avenir, histoire de laisser aux lecteurs le temps de digérer ce que je leur envoie en pleine gueule, j’écrirai une journée sur deux ici, et l’autre sur l’Équilibriste, qui, ma foi, va très bien. J’ai eu la grande surprise de voir que, pendant mon absence de 5 mois, j’ai reçu près de 20 000 visites sur le blogue que j’avais laissé pour mort. Très drôle!

Vous savez, quand j’ai donné naissance à ce blogue-ci, je me suis compromis en affirmant que j’en avais marre de la politique. Mais suite à mon apparition à l’émission Huis-Clos, j’ai eu droit à tant de réactions et tant d’appel à mon implication que ça m’a fait réfléchir. Pas autant, cependant, que la séparation douloureuse que j’ai vécue avec celle que j’appelle encore affectueusement ma “twin” (voir ce billet et ce billet à cet effet) et j’ai décidé de lui laisser toute la distance et l’air dont elle avait besoin, forever. Après avoir eu l’impression qu’on m’avait arraché un bras, j’ai vite eu un reality check : qui étais-je réellement, moi? Simplement un gérant de bar, ou quelque chose de plus? Et ce quelque chose de plus, c’était quoi?

On dit qu’on peut sortir le gérant du bar, mais jamais le bar du gérant. Il en est de même pour la politique. Je pourrais passer des heures à vous expliquer mon cheminement sur cette question, mais j’en ai rien à foutre. C’est à prendre ou à laisser. Je n’ai plus le temps de tergiverser avec des avocats du Diable, ils m’ennuient à mourir. Qu’ils fassent quelque chose si ça leur chante, moi je suis mon intuition. Qui d’ailleurs est dans le tapis.

Lorsque j’ai quitté le merveilleux monde de la politique et du social, le retour dans les bars était tout à fait naturel. Et j’y suis encore comme un poisson dans l’eau. Mais j’ai du temps libre, beaucoup de temps. Alors je mène de front quelques projets. Mais j’avais oublié une promesse que je m’étais faite. Contribuer au congédiement de notre détesté Premier Ministre.

Je n’ai pas tenu promesse, jusqu’à maintenant. Mais j’ai repris des forces, et surtout, regagné ma confiance. Comme dans tout, ce n’est qu’une question de timing, et les dernières semaines m’ont fait réalisé à quel point il y avait des leaders de merde un peu partout. Je tiens à remercier certains gérants de bars et autres gestionnaires de me l’avoir rappelé par leur type de gestion; ils auront eu une utilité certaine dans mon cheminement. Et, en bout de ligne, ils auront contribué à me remettre sur la bonne track, et à me retrouver. Ce sont peut-être des leaders pourris, mais au moins d’excellents enseignants à l’école de la vie. S’ils peuvent s’accrocher à ça, c’est déjà encourageant. J’en vois déjà quelques uns venir me demander si je parle d’eux; on a tous été un peu poches dans notre vie de leader, on a tous eu nos petits power trips, mais s’ils se posent la question, ils ont une conscience, donc la possibilité de se regarder le nombril, de s’améliorer et d’atteindre le niveau de confiance qui fait disparaître ce sentiment d’infériorité et d’insécurité patente qui caractérise les leaders poches… Et j’ajouterai que même les meilleurs se remettent en question.  Les scélérats, ce sont ceux qui ne le font jamais, du moins ouvertement, et qui, lorsqu’ils le font, n’en tirent jamais rien…

Ainsi, bien reposé après toutes ces remises en question, je repars en croisade. C’est pas vrai qu’on va  continuer à se faire fourrer de la sorte. Beaucoup de gens ne le remarquent pas, mais il y a, à l’échelle global, un éveil qui se produit chez des millions de gens. J’ai même été surpris de recevoir des messages de gens qui s’étaient reconnus dans mon billet sur les âmes jumelles. J’aime croire qu’il n’y a pas de coïncidences dans la vie, ça la rend plus intéressante. Cet éveil, on le voit à l’oeuvre au Moyen Orient. On le sent,  pourvu qu’on y prête l’oreille. Et c’est dans ces moments d’éveil que les David font face aux Goliath, et gagnent.

C’est dans ces moments que les chevaliers sortent de l’ombre. Que les histoires de princesses arrivent pour vrai, que l’humanité progresse. Alors entre deux shifts à faire de la paperasse et m’amuser avec les clients, entre deux projets de business, je prépare les projets qui me permettront de mener une vie agréable, et la société dans laquelle je voudrais élever mes enfants.

Bonne et mauvaise nouvelle concernant cette série. Je ne la terminerai pas ici. De textes fleuves en textes fleuve, j’ai décidé d’en faire quelque chose de plus grand. Je l’avais dit anyways au début, je me devais ici d’être léger, de parler de tranches de vie et non de ma vie au complet.  À contempler les trois premiers textes de cette série, je me suis rendu compte que je n’en aurais jamais fini avec tout ça. Et comme le printemps s’annonce chargé, côté bars, je sens qu’il y aura des histoires à n’en plus finir.

Et puis, le mage aurait pris tout l’espace réservé au gérant de bar. Je ne voulais pas non plus finir sur le bûcher du jugement public (bien que je l’aie cherché). Je reviens donc à la base.

D’autre part, j’ai toujours une pulsion forte d’écrire, et mon alter-égo, l’Équilibriste, hurle à l’intérieur de la cage que je lui avais construite. Pourquoi? Il paraît que notre société manque de leaders cohérents. Et il paraît que j’ai ce qui faut pour en être. Et il paraît aussi que parfois,  les bars sont un endroit où les êtres blessés se cachent pour mourir. Tout ce que je sais, c’est que je ne suis ni suiveux, que mes blessures se sont cicatrisées, que je dois suivre mon intuition qui me dit que je suis plus vivant que jamais et que, la cave où je fais ma paperasse de gérant n’a plus à être un maquis. Ma colère sociale s’est estompée, je suis en mode intuition-action, et ma reconstruction passe d’abord par assumer pleinement ce que je suis, et inspirer d’autre leaders à en faire de même. Il y a un grand ménage à faire dans la gouvernance de ce pays, de cette province, de cette ville, et j’ai envie d’en parler sérieusement, autrement que par ces luttes de clochers et de secteurs qui éparpillent la lutte véridique: celle contre des leaders corrompus qui tirent toutes les ficelles.

Ce qui fait que, tout en étant ce gérant de bar bien-aimé, je redeviens ce leader sans cause particulière, mais qui a quelque chose à dire à ses concitoyens bien-aimés.

Il y aura donc du léger et du sérieux, mais toujours dans un esprit constructif. En fait, le chiâlage me donne la nausée, alors je tournerai ma langue aussi souvent dans ma bouche que possible pour n’être que positif et lumineux. Quand je voudrai être politique, je serai l’Équilibriste. Quand je voudrai vous faire rire ou pleurer, je serai le Gérant de bar. Non pas deux facettes de la même personne, mais plutôt une seule personne qui touche deux publics différents. Il y en a parmi vous qui aiment la légèreté, d’autre qui aiment mon côté révolutionnaire. Alors je ferai plaisir aux deux, tout en me faisant plaisir à moi, parce que, je le réalise aujourd’hui, écrire, pour moi, c’est respirer. Si je ne le fais pas, j’étouffe. Et quand cinquante personnes te disent que le monde a besoin de gens comme moi, c’est flatteur, mais surtout, dans mon livre à moi, ce serait ingrat de faire la sourde-oreille.

Je vous aime et vous réécris bientôt. Pour la magie, je vous tiendrai au courant de l’évolution de ce que je suis en train d’écrire. C’est…magique.

à bientôt!

A-ha! On tombe dans le vif du sujet. L’Église expulsée de mon parcours existentiel, je fus, comme tous les ados, préoccupé par ma libido émergente pendant environ quatre ans. Mais si vous aviez vu ma tronche, mes trois premières années du secondaire furent lamentable en terme de séduction. J’étais un Geek solide : performances académiques et jeux vidéo constituaient, après les filles, mes principaux intérêts. Il faut dire que, mon père ayant un doctorat, il me mettait depuis trop longtemps toute la pression du monde pour que je puisse me rendre aux études en médecine. Et oui, ayant passé cinq ans dans l’univers du Frère André, cet humble guérisseur`à contre-courant des dogmes de son Église, l’idée de soulager les souffrances du monde sonnait bien à mon esprit.

Tout cela, bien sûr, semble à des lieux de mon cheminement mystique dont il est question ici. Oui, et non. J’abordai bien sûr la consommation de marijuana sous l’angle shamanique. Les états modifiés de conscience qu’elle apportait m’amenaient aussi à faire de grandes réflexions philosophiques qui me plaisaient.

Mais pour faire une histoire courte, je passe au secondaire quatre. Entre la fin de l’année scolaire et le début de la dernière année du secondaire, je fis la rencontre de ma première blonde, et, de fil en aiguille, retrouve le chemin du mystère que j’avais laissé tomber pendant quelques années. Celle-ci ayant vécu des expériences traumatisantes après avoir touché au Oui-Ja, cette fameuse planche à communiquer avec les esprits, et s’étant mise à faire ce que l’on appelle de l’écriture automatique, soit de prendre un crayon et du papier et laisser les esprits écrire à notre place. Je ne pus m’empêcher de jouer avec quelques amis, un soir d’été.  Geek un jour, geek toujours, j’appris par des livres sur le sujet que les esprits qui aiment le Oui-Ja ne sont pas les plus saints de nature. En fait,  la tradition dit qu’il s’agit d’esprits coincés dans le monde matériel, et qui se servent de l’énergie (souvent la peur) des vivants pour intéragir dans le monde matériel et de ce fait, faire bouger la plaque au-dessus des lettres du jeu.

Ma première expérience fut concluante. Nous étions quatre, dont un ami roumain. Et pour éviter les coincidences trop faciles, nous essayames de demander à l’esprit de répondre à une question difficile. L’ami Roumain en question, qui se tenait en retrait, nous proposa de demander à l’esprit le prénom de sa mère, un nom à coucher debout que nul d’entre nous ne savait. Un genre de nom à dix lettres qu’aucune coïncidence n’aurait pu nous faire découvrir. Et comme de fait,  quand la plaquette se déplaça au-dessus des lettres et commença à épeler le nom, nous commencions à douter de la chose, tant ce nom avait des consonnances étranges. Mais à la cinquième lettre, notre ami s’écria : arrêtez! c’est trop fucké! Ce que nous fîmes. Il nous dit que ça marchait, et nous demanda à nouveau d’arrêter parce qu’il y avait bel et bien un esprit dans la pièce. Et nous apprit le nom à coucher debout de sa maman, provoquant une onde de peur dans le groupe, puisque nous étions drette dessus. Ce fut ma dernière expérience avec le Oui-Ja. Mais pas avec les esprits.

Il se passa une autre année avant que je n’entre en contact avec le surnaturel. En fait, non, pas le surnaturel, mais une théorie qui allait bouleverser mon existence. Vers la fin de mon secondaire V, tout allait moyen. Je n’avais plus de job, était pris avec mon vieux linge (je payais mes vêtements depuis mon secondaire II), n’avais pas d’amoureuse et l’idée d’avoir à étudier en administration au lieu de musique -les sciences me dégoûtaient au point de pocher tous mes cours de physique et chimie et de renoncer à ma carrière médicale- me faisait sentir comme le dernier des losers. C’est alors que, fouinant dans la bibliothèque de mon père, je trouvai un ouvrage qui allait changer ma vie : La puissance de votre subconscient, du Dr Joseph Murphy.

N’ayant rien à perdre, si ce n’est qu’un peu de temps, je dévorai l’ouvrage et mis en pratique ses recommandations de façon sérieuse.  En moins d’une semaine, je me trouvai une job plaisante, utilisai mon argent de cadeau de fête et refis ma garde-robe au complet, délaissant le noir, le blanc et les t-shirts de groupe heavy-metal pour retrouver mon style du début du secondaire, c’est à dire surfer, shorts, et couleurs vives. Reprogrammant mon cerveau, j’avais touché à quelque chose…

Quelques mois plus tard, j’étais en voie de devenir recrue de l’année dans l’équipe de football de mon cégep, commençais à sortir de ma coquille de timidité et découvrais la joie d’avoir des filles qui me portaient de l’intérêt -sans toutefois savoir comment en tirer profit-.  C’est alors que deux de mes meilleurs amis allaient eux, faire un cheminement qui changerait leur vie, et la mienne, par rebond. Ils avaient rencontré une gang de freaks qui participaient à des fins de semaine de rebirth. Il s’agit d’une technique de respiration (combinée à deux jours d’exercices visant à ouvrir l’esprit à la chose) qui permet, lorsque guidé, de remonter son passé en tant qu’observateur, et donc de faire le ménage dans ses vieilles bibittes d’enfance. À leur retour, ils avaient tellement changé que je ne les reconnaissais pas, mais pas du tout. J’avais même peur qu’ils aient été brainwashés par une secte qui les extorquerait. Ils avaient le drôle de regard et la voix de l’état de grâce, comme s’ils avaient fumé tout le pot de la terre. Surtout l’un d’eux, qui avait auparavant tellement la mèche courte et qui maintenant avait l’air de John Lennon à la fin de sa vie. Je tentai par tous les moyens de le provoquer, ce qui m’aurait valu aupravant de bonnes claques sur la gueule, mais non, il avait l’énergie d’un grand sage. Et ça me perturbait.  D’autant plus qu’ils me répétaient sans cesse que je devais essayer pour comprendre. Et pour en rajouter, les deux faisaient maintenant partie d’un groupe de voyance et spiritualité, une gang de bonne femmes du nouvel-âge avec leurs roches, leur thé Kali et leurs guides.

C’était mes  amis d’enfance; je n’allais pas les laisser se faire embarquer dans un tel bateau sans lever le petit doigt. Je décidai donc de m’acheter toute la littérature sur les sujets dont ils me parlaient, et tentai, en autodidacte, de faire moi-même un rebirth, sans l’aide de personne. C’était relativement simple : on respire de façon continue, sans prendre de pause entre les inspirations et les expirations. Un genre d’hyperventilation volontaire. Et, ma foi, le bien être et les visions que j’en retirai ouvrirent mon esprit à la possibilité que le changement en mes amis était vraiment positif. J’acceptai donc de me rendre à ce fameux groupe de sorcières pour la première fois. Quelle excellente décision ce fut!

Un, pas de bonne femme habillée en noir. Simplement des femmes entre 40 et 70 ans, pleines d’humour et très “groundées”; rien à voir avec les illuminées que je m’imaginais. Et avec lesquelles nous avions la chance d’être initiés à certains mystères pas si mystérieux que ça. Oui, il y avait des crystaux, des méditations, mais surtout des exercices, plein plein d’exercices visant à “déverrouiller” les capacités latentes du cerveau humain. Pendant près de six mois, j’y accompagnai mes amis à chaque semaine, et fis la découverte de véritables techniques de perception extra-sensorielles, de pouvoir énergétique du corps et autres. À la fin, j’en étais arrivé à une intuition si affinée que parfois ça m’énervait. Et surtout, un sentiment de puissance et à la fois de paix intérieure qui me dépassait. Je savais quand le téléphone allait sonner, je pouvais deviner les pensées des gens; je pouvais même ressentir ce qu’une personne vivait à l’intérieur sans le lui demander, et avec une précision que ça pouvait effrayer le monde ordinaire. J’avais droit à quelques commentaires des guides éthériques (l’organisatrice du groupe faisait ce qu’on appelle de la canalisation, soit de laisser des esprits supérieurs parler à travers elle) sur ma vie qui m’impressionnaient vachement, et qui m’ont aidé à mieux m’orienter par la suite. Etc. Etc. Ma mère profita amplement de mes nouveaux dons. J’arrivais à produire une chaleur étrange en me concentrant sur mes mains, et simplement en lui appliquant celles-ci sur les épaules, je lui défaisais les noeuds musculaires qui nécessitaient habituellement une bonne séance de massothérapie.

Mais nous ne vivions plus dans le même monde. J’ai arrêté l’école et commencé à travailler à temps plein au dépanneur des parents de mon meilleur ami. Ma nouvelle passion : le voyage astral. Pendant au moins trois bons mois, je me levais tôt le matin, allais travailler jusqu’à 13 heures, puis je rentrais à la maison et m’étendais pour méditer en espérant sortir de mon corps. Ça finit par arriver : une nuit, je sentis un immense bourdonnement dans ma tête, comme si celle-ci était sur un compresseur. Puis, comme si celle-ci était attachée à une grue au plafond, je me suis senti soulevé et me retrouvai debout dans mon lit. J’essayé de dire : tabarnak, mais ça sortait au ralenti et avec une voix presque d’outre-tombe. Je regardai autour de moi : c’était bel et bien ma chambre, j’étais bien debout. Pour le bien de l’expérience, j’eus la chance de regarder en direction de mon radio-réveil, et y vis l’heure :1h12 du mat. Cependant, j’étais à cheval entre l’univers matériel et une autre zone du réel, un peu comme lorsque Frodon met l’anneau à son doigt, dans le film. Et au bout de la pièce, je remarquai du mouvement. Trois ou quatre silhouettes d’ombre, qui échangeaient entre-elles et qui me remarquèrent immédiatement et j’entendais les sons de leurs pensées-échanges, c’était un son assez effrayant, tout comme les silhouettes elles-même. Plus noires que la noirceur. Elles restaient au bout de la pièce, et je n’avais pas l’impression qu’elles appréciaient ma présence de leur côté du rideau. Je paniquai et me sentis réaspiré dans mon enveloppe corporelle d’un coup sec.

J’ouvris les yeux. J’étais toujours couché, un peu ébranlé. Je me suis assis dans mon lit, pour pouvoir regarder l’heure sur mon radio-réveil de plus près (ma myopie m’en empêchant, vu de mon lit). 1h13. J’avais passé une minute dans l’astral. Je venais de vivre ma première grosse expérience mystique, mais dans l’horreur. Je ne sentais pas la présence des ombres, mais force m’était de constater qu’il existait des choses et que je n’avais touché que la pointe de l’iceberg. Notons que je n’ai jamais réussi à refaire cette sortie, trop effrayé de revivre cette expérience. Je me contenterais de mes petits dons pas trop compromettants, mais qui allaient m’aider et me permettre d’aider les autres qui auraient l’ouverture d’esprit d’y accorder un peu d’attention.

Mais il était temps pour moi de quitter mon environnement douillet de mystiques convaincus, pour retourner dans le vrai monde, ni douillet, ni convaincu. Je me suis donc réinscrit au Cégep, et contre toute attente, je choisis les lettres au lieu de l’administration ou des sciences. Mais là ne s’arrêterait pas mon chemin, qui m’amènerait, quelques années plus tard, à devenir un gérant de bar pas comme les autres.

La suite bientôt : Retour dans le monde normal.

Je terminais mon dernier billet (et la première partie de cette longue histoire de magie) par mes lectures sur tout ce qu’on appelle l’occulte. Durant cette même période -je devais avoir environ 7 ans- ma gardienne me raconta, et je ne sais pourquoi mais ce fut assez déterminant pour la poursuite de mes recherches, une histoire fort étrange qui lui était arrivée. Elle prétendait avoir vu la Vierge Marie dans sa maison. Un matin, alors qu’elle vaquait à ses occupations quotidiennes, apparut une lumière devant la porte d’un de ses garde-robe, lumière dans laquelle elle pouvait distinguer la forme de la Vierge. Cette lumière resta là pendant quelques minutes, puis disparut. Ma gardienne était loin d’être dingue. C’était une personne comme vous et moi, et ce fut le seul incident du genre à s’être produit durant sa vie.

Je tiens à le redire ici : si vous n’avez pas l’ouverture d’esprit, si vous vous brossez le shaggy à vous dire sceptique, ce texte (et ses suites) ne sont pas pour vous. Et je me permettrais même un conseil. Si vous aviez utilisé votre scepticisme pour analyser la politique au lieu de ceux et celles qui explorent des zones étrange, Wikileaks aurait vu le jour en 1990. Faque…

Non, je ne me suis pas mis immédiatement à faire comme le petit garçon dans la pub de Volkswagen. Bien que j’étais, depuis l’âge de 5 ans, fan de Star Wars, je n’avais pas encore bien compris le concept de “La Force”. J’ai continué à chercher des références littéraires concernant le surnaturel. Ce qui ne m’empêchait pas d’être un enfant comme les autres.

La magie Africaine allait refaire surface dans ma vie, sans que je ne le sache, au moment de la séparation de mes parents. Mais je ne l’apprendrais que plus tard. Mon chemin n’allait cependant pas tarder à croiser celui des serviteurs Catholiques de ce Dieu Bipolaire, qui, d’un testament à l’autre, passait de salopard ultra-exigeant et vengeur à émule de Danny Verveine, qui nous aime tous et est prêt à nous pardonner n’importe quoi, pour retrouver son naturel cruel, finir par nous juger et envoyer les trois quarts d’entre nous brûler dans les flammes de l’enfer, inventées au moyen-âge, soit dit en passant. Je devins choriste à l’Oratoire, distingué membre de la Maîtrise des Petits Chanteurs du Mont-Royal.  C’est à travers cette expérience -qui est aussi une expérience enrichissante de male bonding, à mon avis plus  riche que celle d’une équipe de hockey, puisqu’on est un groupe qui ne se quitte jamais, étudiant en vase clos, pratiquant des sports divers des heures par jour, autonomes puisqu’on devait utiliser les transports en commun sans nos parents tous les jours, et initiés au chants sacrés dédiés à ce Dieu et ses prophètes- que j’ai perdu la Foi. C’est aussi là où j’ai appris ce que c’était que l’unisson. Ce moment, où dans un acte d’expression, nous atteignions cette note de perfection qui faisait vibrer une immense basilique d’une vibration sonore qui ne se décrit pas, que l’on sent. Car une seule discordance fout tout à terre. La cohésion de notre groupe venait du fait que, malgré nos différends, on avait réussi à atteindre cette symbiose qui nous amenait aux portes d’une certaine perfection.

En vieillissant, nous approchions de la crise d’adolescence, et de l’apparition du sens critique qui va avec. Je crois que l’élément déclencheur de mon désenchantement fut cet opéra, pour lequel sept d’entre-nous furent choisis, et pour lequel nous allions toucher un cachet important (c’était avec l’Opéra de Montréal, donc à l’extérieur des activités de l’Oratoire). Nous découvrîmes, à notre grand regret, que les Frères de Sainte-Croix-oui, les mêmes qui font face à des accusations d’abus sexuels au Collège Notre Dame- avaient instauré une tradition obligatoire selon laquelle nous devions leur verser 90% de notre cachet. S’ensuivit une lutte des parents contre l’Ordre religieux, lutte qui se termina par une victoire des parents, teintée d’une menace comme quoi ceux qui ne verseraient pas l’argent seraient exclus des petits groupes qui étaient choisis pour ce genre d’activités extra-curriculaires. Ma mère choisit de couper la poire en deux: 50%-50%. Le pire, c’est que ceux qui avaient tout gardé furent quand même choisis par la suite, puisqu’on constituait le noyau le plus efficace du groupe.

Ce fut le début de la fin pour moi en cette Église, dont le Dieu m’aimait, mais dont les serviteurs m’exploitaient, eux qui, déjà, étaient subventionnés par l’État pour mon Éducation, et par leurs fidèles, qui multipliaient les dons pour entretenir un bâtiment immense à l’honneur du plus humble des hommes, le célèbre Jésus de Nazareth, et de l’autre plus humble des hommes, le récemment canonisé Frère André. Ce fut le début de ma seconde période d’introspection spirituelle.

Je commis mon premier blasphème en faisant des graffitis dans la Bible TOB qui nous servait dans les cours de religion. Au premier, je fus avertis, mais j’avais déjà pris ma décision. Si Dieu était tout puissant, j’allais dealer directement avec lui. En plus, c’est ce que son dernier prophète disait. Je commençai à remettre en question, non pas l’existence du Divin, mais plutôt ses middle men et la Contradiction Fondamentale de l’Église, c’est à dire que les paroles de leur messie parlent d’une relation directe entre chacun et le Divin, tout en insistant sur l’importance de L’Église comme courroie de transmission du message. Bullshit. C’était terminé pour moi. Juste pour tester ma théorie, je dessinais plein de trucs blasphématoires dans la Bible TOB et je m’adressais silencieusement à Dieu en lui demandant de me punir si j’avais tort. Et il ne se produisit rien; pire, je ne me suis jamais fait pogner et punir pour mes sacrilèges. Donc, trois possibilités : un,  L’Église était une bande d’escrocs, deux, Dieu s’en câlissait, et trois, toutes ces réponses.

Comme disent les écrits sacrés : j’avais perdu la Foi, et ma grâce. Peu m’importait, c’était maintenant la libido qui constituait le sacré. Il allait se passer presque quatre ans avant que je ne reprenne mes recherches. J’avais besoin, après cinq ans consacrés à une Église mesquine et corrompue, d’une pause où je m’intéresserais aux filles, aux vêtements de marque et au sport. Tout en essayant de survivre à la guerre entre mes parents, qui s’éternisait depuis que j’avais huit ans. Et qui avait été, comme je disais au début,  le théâtre d’une utilisation interdite de la magie Africaine…

La suite bientôt : Joseph Murphy et le club des sorcières.

Magie Africaine.

Bon, là, j’explore des zones un peu étranges pour le commun des mortels. Bien, peut-être pas pour les vieilles dames un peu bizarre comme on en a tous dans nos famille. Genre, la tante de 80 ans qui guérit les brûlures, ou la grand-mère qui lèche vos verrues et les fait partir plus efficacement que du Compound W. Ou cette amie qui vous a forcé à lire Le Secret. Mais je l’ai déjà dit, je vous raconde des histoires sur ce blogue, des histoires pour vous parler de tout et de rien.

Je vais remonter très loin, là. À une époque où j’étais encore splitté en deux, c’est à dire en un spermatozoïde et un ovule; mes parents encore à des milliers de kilomètres et quelques années de se rencontrer. Ma grand-mère paternelle était un genre de sorcière. En Afrique, malgré l’imposition forcée du catholicisme, on croit beaucoup à la magie. Bon, je vois venir les emmerdeurs avec les histoires d’enfants sorciers rapportés par les journaux. Ceux-là, allez donc lire André Pratte et câlissez-moi patience; ça n’a rien à voir.

Ma grand-mère était,donc, un genre de druidesse. Selon les histoires qu’on m’a rapportée, elle guérissait par les plantes, et ce que je vais rapporter ici, c’est la légende qui court dans la famille. Ma grand-mère et son frère,  sorciers tous deux, se sont pognés solidement, car mon grand-oncle utilisait, apparemment, la magie pour des buts pas très catholiques. Car, pour les non-initiés, la différence entre la magie dite blanche et la magie noire, c’est l’utilisateur. Ainsi, Grand-Oncle faisait des coups pendables pendant que Grand-Mère guérissait. Et Grand-Mère a pété sa coche, rabrouant son petit frère. Qui ne l’a pas pris, mais pas pentoute. Peu de temps après, un beau matin ensoleillé, l’aîné de mes oncles,  marchant innocemment au beau milieu du village, fut frappé par la foudre, bang!, RIP. Notez bien le un beau matin ensoleillé. C’était l’aîné de la famille, et aux dires de tous, le plus intelligent, celui qui allait aspirer aux plus grands honneurs, c’est à dire, d’avoir l’occasion d’étudier dans une grande université occidentale, genre la Sorbonne, Harvard ou Yale. Et, d’un coup, Grand-Oncle avait supposément commandé aux éléments et lui avait fait la passe.

Grand-mère n’allait pas laisser Grand-Oncle s’en tirer aussi facilement. Quelques jours plus tard, ce fut au tour du  fils aîné de ce dernier de périr frappé par un éclair. On est pas très vendetta dans la famille, mais y a toujours des ostie de limites, qu’elle s’était probablement dit. Anyways, deux fils aînés, deux jeunes prometteurs,  avaient disparu en un éclair.

Le conseil des aînés du village se réunit donc d’urgence pour discuter de l’affaire. Les deux belligérants y furent convoqués pour être jugés. Quand les aînés se choquent, dans un village africain, ça brasse! Ce sont eux qui président au fonctionnement de la communauté (et non, on ne les mets pas dans une hutte comme ici pour s’en débarasser). Plutôt que de condamner Grand-Mère et Grand-Oncle à mort ou à des travaux forcés -on allait pas cracher sur deux mages de cette envergure- on les obligea à repeupler la famille pour boucher les trous énorme que ces deux décès venaient de causer.

Surprise, on assista, pendant des années, à la naissance de couples de jumeaux. Pas deux, pas trois, plein, plein! Sur mes photos de voyage que j’aimerais bien retrouver (je suis allé au Congo en 1974), mes tantes ont toutes des jumeaux dans les bras. Et ça n’a rien à voir avec leur consommation de Canola transgénique. Tout le monde là bas savait, et personne ne trouvait ça anormal, que les deux sorciers avaient accompli leur sentence.

Je suis donc issu d’une famille où on croit à la magie. Durant ce même voyage, je subis ma première initiation. Un jour, on m’amena au cimetière du village, et les anciens insistèrent pour qu’on me place par terre (à quinze mois, je parlais couramment mais refusais de marcher) à l’entrée du cimetière. À quatre pattes, j’ai traversé le petit cimetière et suis allé m’asseoir sur la tombe de mon grand-père décédé, à la grande surprise de mes parents, même de mon père qui croyait à toutes ces choses; j’étais, de mon côté, visiblement fier de mon coup, avec cet air du bébé qui vient montrer à ses parents son premier caca dans le petit pot. Les anciens m’ont pris et m’ont ramené à l’entrée du cimetière. Dès qu’ils m’ont remis par terre, je suis reparti en quatrième vitesse et suis retourné, illico, sur la tombe de mon grand-père. Les anciens étaient satisfaits. Ma grand-mère savait maintenant où se trouvait son héritage.

Mon intérêt pour le surnaturel n’a donc rien de surprenant. Il se passa des années avant que je ne puisse lire, mais dès mes premières incursions dans les bibliothèques, vers l’âge de six ans, l’occulte constitua une bonne proportion de mes lectures, parfois au point de m’empêcher de dormir la nuit. Je lisais des livres sur les fantômes et je trippais, même si j’avais peur pendant les nuits suivantes. Et bon, certains diront : Mais quels genre de parents laissent leurs enfants lire de tels trucs? Eh bien, à la quantité de livres que je pouvais emprunter à la biblio dans une semaine, un petit livre sur les fantômes dissimulé au milieu d’une dizaine de bandes-dessinées, rien n’y paraîssait.

Ainsi, de l’âge de 6 ans à 17 ans, mon rapport à la magie ne se fit que par mes lectures diverses. Sauf pour un truc. Mais la fin de mon adolescence allait me faire découvrir jusqu’où le “rabbit hole” pouvait mener. Et vous comprendrez pourquoi je vous parle d’un truc pareil dans un blogue de gérant de bar.

Mais encore une fois, je vous laisse sur votre faim…la suite bientôt…

Mon récit de voyage est sur le hold. Pour une semaine. Question d’ententes contractuelles entre mon “employeur” et son employeur. Alors je vous parle d’autre chose.

Je vous l’ai déjà dit, j’ai pas mal roulé ma bosse dans plein de trucs dans la vie. Je ne suis pas qu’un hôte de vos journées et de vos soirées. Et s’il est une chose que j’adore, hors mon travail en votre compagnie, c’est  d’exprimer mes opinions et d’en débattre, de préférence sur la place publique. Mais n’étant maintenant qu’un rebelle sans cause, les occasions à cet effet sont relativement rares.

L’an dernier, j’ai eu la chance inouie (grâce à une très bonne amie) de pouvoir faire des web-chroniques sur Les Repères de Languirand, une source de lumière de conscience inégalée en ce bas monde. Mais après près d’une cinquantaine de chronique, j’ai vécu une aventure au pays du choc post traumatique, soit un hold-up-avec-gun-dans-face. Je vous en parlerai probablement éventuellement (ils ont fini par attraper le gars après un an et on doit aller témoigner lundi), mais j’en parle uniquement pour expliquer que,  suivant cet épisode à peine traumatisant (c’est vrai, ça ne m’a jamais empêché de dormir), je me suis senti comme si je n’avais plus rien à dire au monde. Du moins pas de ma propre initiative. Le vide d’inspiration.

Alors j’ai concentré tous mes efforts dans mon travail. Mais mes chroniques sont toujours là, mes paroles sont figées dans l’espace-temps. Mon premier blogue s’appelait “L’équilibriste”, mes chroniques s’appelaient “Sur le fil du rasoir”.  Ça vous donne une idée de où se situe ma pensée face au monde : dans le milieu. Certes, j’ai une tendance à l’humanisme, mais je me refuse depuis quelques années -et je l’assume- à me définir de droite ou de gauche. Je considère que ce sont des interprétations archaïques qui nous ont été imposées par les générations précédentes, et j’ai des amis de chaque côté du spectre, je préfère la rapidité et le pragmatisme de la droite à la lenteur et le manque d’ouverture de la gauche.

Je suis un humaniste et mon motto c’est “par tous les moyens nécessaires”. Ou “faut ce qu’y faut”. Ou  ”on ne fait pas d’omelette sans casser de oeufs”. Je déteste quand ça brette. Au contraire de mes patrons, je ne suis pas un marathonien. Le monde va trop vite et j’essaie d’en suivre le rythme. Avec les années, j’apprends à être un coureur de demi-fond. Rapide,  constant, mais pas trop longtemps. Comme dit Mr Wolf dans pulp fiction : “I think fast, I talk fast…I act fast”.

Pour en revenir à mes opinions. J’ai les opinions que me dictent ma logique et mes valeurs. Avec les années, j’ai développé cette capacité d’assumer mes opinions et de me promener d’un côté à l’autre du clivage gauche-droite poche, mais ça a l’air que ça fait chier les idéologues d’un côté comme de l’autre. Et je m’en contre-calisse. Sérieux, mes valeurs sont bien ancrées, et je les considère à la bonne place. Quiconque me connait sait que je suis un être de service. Et me connaissant, j’ai suffisamment d’amis pour ne pas avoir besoin d’appartenir à une gang. J’ai détesté mes séjours dans les partis politiques. On dit que la population en est une de moutons. Dans un parti politique, c’est à la puissance 100.

Vendredi, y avait la diffusion de “Huis Clos”, la nouvelle émission de Claire Lamarche. Et dedans, y avait moi. Et le sujet, c’est le foutu lockout au Journal de Montréal. Et dedans, y avait d’autres gens, qui m’ont fait réaliser que souvent, les gens débattent émotivement. Pas moi. Je le fais intuitivement. Je débats comme je le sens. Et je déteste qu’on me joue les violons. Je trouve que c’est une façon mesquine de tenter de manipuler ma sensibilité.

J’y ai pris une position peu populaire, nuancée par ma propre expérience, mais je n’étais pas là pour me faire des amis. Simplement pour débattre et amener un peu de mon grain de sel dans la patente. J’en ai déçu quelques-uns, en ai éclairé d’autres. Ai été obligé de me défendre sur Facebook, me suis fait traiter de noms.

Mais j’ai l’habitude. J’ai toujours été un polémiste, et c’est extrêmement stimulant pour ma cervelle hyperactive.

Alors si ça vous tente de me voir la binette, c’est à télé-Québec, cet après midi à15h, ou mardi à 14h. Ou  sur le site de T-Q après. Vous pouvez,  en plus, venir me déverser ce que vous voudrez ici, ou sur mon facebook, si ça vous tente. Et j’y répondrai avec plaisir, quand et comme ça me plaira, parce que je n’ai pas que ça à faire. N’oubliez-pas, je suis en reconstruction de ma vie, et ça prend du temps…

Du 11 au 20 janvier dernier, je suis allé à Cuba. Toutes dépenses payées, pour agir à titre d’assistant photographe pour une connaissance à moi. Nous allions passer sept jours à Varadero, dans un tout inclus, et trois jours à la Havane, dans un pas-tout inclus, mais où tout était quand même fourni. Que du 5 étoiles, et du gros 5 étoiles. Mimosas le matin au buffet, Mousseux ou vin au dîner et au souper.

Arrivés à l’aéroport, 3 heures avant le départ (c’est tellement con cette recommandati0n, ça n’a aucun sens), nous n’avons pas traîné longtemps dans la section de ce côté-ci des douanes; je me demande pourquoi d’ailleurs, car de l’autre côté, il y a le duty-free et tous ces commerces pas du tout free (une pinte de bière à 12,50$, j’appelle ça du putain de vol!), un paquet de Skittles à 3,99$ au lieu de 1$,  j’appelle ça du viol de portefeuille. Soit ces commerces fonctionnent à l’envers, c’est à dire qu’ils ne vendent tellement jamais rien qu’ils sont obligés de tout faire à des prix démesurés, soit ils profitent vraiment du fait qu’on se retrouve de ce côté là à ne rien pouvoir faire pendant plus de 2h sans pouvoir retourner de l’autre côté des douanes. Mais même là, c’est d’un ridicule consommé que d’y consommer.

Je comprends pas trop. On a affaire à une clientèle nombreuse, et c’est le gouvernement qui loue les locaux. Bon, peut-être que ça coûte cher à opérer, un aéroport, mais bon, comme toujours, c’est le consommateur qui paie le bill.

Anyways, moi qui ne bois jamais de bière, j’étais affecté lorsqu’on a décidé d’aller rejoindre le groupe de mannequins et leurs accompagnateurs-trices près de la porte d’embarquement, Dom (le photographe) et moi avons eu la belle surprise d’être les détenteurs d’un laisser-passer “Claude Dubois”, c’est à dire qu’il y avait un petit sticker sur notre billet qui indiquait qu’on aurait pas à faire de line-up. Petit aparté : Quand on est gérant de bar, faire un line-up est signe d’un manque de capacités à se bâtir un réseau décent. Y en a qui paient à certains endroits pour ne pas faire la file (en passant, n’essayez pas ça au Edgar où on vous oblige à porter un t-shirt de Claude Dubois dans le line-up jusqu’à ce que vous entriez). Pas chez-nous. La raison est simple. C’est chien pour ceux qui attendent, et ça les fait attendre encore plus longtemps, ce qui n’est pas dans notre philosophie d’entreprise. Nous considérons que ce n’est jamais une bonne idée de faire chier nos clients, ni avant leur entrée, ni pendant leur séjour, ni à leur départ. Pas bon pour la business. Logique, mais bon, certaines places ne semblent pas comprendre pourquoi ils sont obligés de changer de nom après deux ans. Ceci dit, nos clients réguliers -et il y en a beaucoup- n’attendent pas. Ils forment le coeur de notre clientèle et leur fidélité se récompense par ce genre de petits privilèges. Fin de l’aparté.

Ce petit secret de polichinelle partagé, je reviens à la file. Donc, alors que les gens sont debout dans la file depuis un certain temps déjà, les détenteurs du petit autocollant sont appelés à passer devant. Merveilleux! Désolé, mais parfois ça fait du bien d’avoir un petit privilège; en fait, ça fait toujours plaisir. Et ce fameux petit collant ne valant pas très cher, ils n’avaient qu’à s’en payer un aussi.

Anyways, comme je l’ai écrit dans ce billet, j’ai un peu de difficulté avec les gens un peu trop en mode touristes. Ils sont bruyant, utilisent des sacs de hockey comme BAGAGE À MAIN, prennent une éternité à s’installer et vont aux toilettes sans arrêt parce qu’ils ont bu 5 pintes à 12,50$ avant de partir. Et ils applaudissent à l’aterrissage, ce bon vieux cliché sale. Juste ça, ça me donne des poussées d’ambition pour avoir un jour mon propre jet privé. J’aime l’humanité, je crois déjà l’avoir dit, mais ça ne m’oblige pas à endurer ce genre de personnages et ou de  comportements.

Dans l’avion, je veux la paix, la sainte paix!Y a toujours du va et vient de vente de cochonneries pendant le vol. Je sais bien que les compagnies veulent faire un peu plus d’argent, mais bordel de merde, quel est l’avantage du carton de DuMaurier à 55$ alors que le carton de Hollywood est à 5 pesos (genre 5,50$) une fois à Varadero, et que personne ne peut fumer dans l’avion? Heureusement, grâce à notre petit autocollant (Dieu le bénisse!), nous avions le bar ouvert (ils nous l’ont dit juste à la fin) et le repas fourni, en plus du petit kit qu’ils vendent aux autres à 12$ avec les écouteurs de misère, la petite couverture, un cache-yeux et un col gonflable pas très confo. Un écran pour chaque passager, avec choix de films et de programmes télés pas si mal pour quelqu’un qui ne se tape pas tous les blockbusters dans une année. Le tout accompagné, pour le décollage, d’une petite bouteille de Champagne (la première de plusieurs pendant notre séjour).

J’avais le choix entre Inception, que j’avais déjà vu 5 fois, dont 2 au cinéma (oui, c’est un de mes films préférés), Predators, que je n’avais même pas imaginé regarder tant j’ai de la difficulté avec les franchises, et quelques autres films de filles ou de famille, que la fierté m’interdit de regarder en dehors d’une vie de couple.

Eh bien j’ai décidé de regarder Predators, juste pour voir le début et me marrer devant le pathétique de la chose; je changerais pour Inception après 10-15 minutes, me dis-je. Eh non. Surprise, je crois bien que c’est le meilleur de toute la série,  sauf peut-être pour le premier! Toute une surprise, même. Je me suis arrêté plusieurs fois (à cause de tous les services de bouffe, boisson, etc) qui nécessitaient une pause, pour dire à mes voisins (un des couples gagnants qui faisaient parti de notre groupe et qui allaient devenir mes amis les plus proches de ce dit groupe au cours du voyage) comment j’étais surpris de la qualité du film. Bon, on s’entend, c’est pas Casablanca, ni Lord of the rings, mais j’ai l’amour facile quand le produit me divertit sans être trop crétin.

Le temps passe vite en regardant un bon film, et le Airbus A330 est vraiment stable comme appareil. Alors le reste du voyage se passe sans heurts, et nous découvrons à 45 minutes de l’arrivée l’existence de notre bar ouvert. Même pour le champagne. Et vlan, une autre bouteille (petite, mais en altitude, ça fait le travail!). Je prends le temps de rassurer ma voisine qui en était à son premier voyage en avion. J’ai pris l’avion souvent, et je connais tous les petits caprices de ces appareils, du DC-9 au 747. Alors je lui explique comment l’atterrissage se passe, pendant que Dom (l’autre Dom) son chum, déguste avec amour le Pepsi qu’il a enfin reçu après l’avoir demandé au moins mille fois, à tous les services, aux agentes de bord anglophones qui, bien qu’elles travaillent pour Air transat, ne sont même pas capable de faire au moins semblant de comprendre le mot UN, comme dans UN Pepsi. Et jouent les vierges offensées parce qu’on ne peut pas s’abaisser à leur inculture unilinguiste. Pfff.

Dom était content de son Pepsi, moi, je jouissais du champagne et des manoeuvres d’atterrissage, et Marie prenait son mal en patience pendant les dernières minutes précédant le touchdown à Varadero.

Je me suis précipité dès qu’on a pu quitter l’appareil, parce que même s’il n’y avait que 5 ou 6 rangées devant nous avant la sortie, c’était une bande de tatas avec des sacs de hockey qui avaient mis 10 minutes à s’installer. J’avais hâte d’avoir chaud.

Et même à 17 degrés dehors, j’avais hâte d’embrasser le sol cubain. Oui oui, comme le Pape. Je m’étais promis ça. Je vous ai pas dit que j’adorais ce pays-là?

J’allais l’adorer encore plus après dix jours.

(la suite demain…)

La mort

Une colombe est partie au ciel

Il existe une règle affirmée dans notre beau monde de l’hôtellerie, et elle devrait s’appliquer à tous les travailleurs, dans tous les domaines, c’est que l’on doive laisser nos problèmes à la maison, nous mettre notre plus beau sourire dans la face ou rester à la maison avec nos problèmes. Malheureusement, ailleurs que dans les bars ou la restauration, c’est une règle qui n’est pas très bien renforcée et qui, bien souvent, doit causer beaucoup de tort à bon nombre d’industries. Je ne dis pas que c’est facile, et que ça fonctionne tout le temps. Mais, un professionnel doit s’appliquer à tenter de le faire aussi souvent que possible, pour l’entreprise, pour ses collègues et pour les clients.

J’ai la chance d’avoir un bureau dans une cave. Il m’est donc possible de m’y isoler et de faire plus de paperasse lorsque je n’arrive pas à laisser certains “problèmes” à la maison.

J’ai eu un début de semaine de merde. Grave conflit avec mon coloc, hangover de la mort parce que j’avais été faire acte de présence à un bar concurrent qui réouvrait ses portes après des années d’absence (voir mon dernier billet qui vous explique pourquoi), mais surtout, la mort qui s’est pointée dans la famille, frappant une de mes tantes. Et, bien que je ne sois pas l’apôtre des réunions familiales, j’aime beaucoup ma famille. Je ne leur dis pas assez souvent, toutefois. Cette tante, je l’admirais énormément.

Je déteste les cérémonies entourant la mort de quelqu’un. J’aime faire mon deuil par moi-même. Et ça me fait suer de devoir entrer dans des lieux où la lourdeur même de la souffrance des gens (même ceux qui ne sont pas de la famille) me perturbe trop. Je vous l’ai déjà dit, je suis un grand sensible. Et comme j’avais dû manquer 10 jours au boulot pour aller à Cuba (je vous raconte mon voyage une fois l’embargo levé par ceux qui payaient), je n’étais pas en mesure de manquer encore trois jours sur quatre dans ma semaine. Alors j’ai demandé à ma mère si je pouvais simplement écrire un texte en hommage à ma tante, religieuse de profession, pour lui dire une première et une dernière fois, à quel point je l’admirais et je l’aimais.

C’est ma mère qui l’a lu lors des funérailles. La connaissant, je sais qu’elle a dû trouver difficile et à la fois honorable d’être ma voix. Les gens ont vraiment été touchés. Et comme je prends un malin plaisir à vous toucher, ici même. Je vous le partage.

Ma chère Tante Nic,
tu es partie si vite. Chaque fois que je te voyais, tu semblais si forte, immortelle, et malgré les années qui s’accumulaient, rien n’y paraissait. Pourtant, tu avais consacré ta vie à aider ceux qui souffraient, ceux que la société jugeait à tort. Toi, tu ne jugeais pas. Tu servais les êtres humains; tu faisais chaque jour la démonstration qu’il était possible d’aimer inconditionnellement nos frères et soeurs humains. Et lorsque j’ai moi aussi décidé de venir au secours des plus démunis, dans les moments les plus sombres, c’est souvent à toi que je pensais. Et quand, épuisé par tant de souffrance, j’ai décidé qu’il ne m’étais plus possible de le faire, je t’ai trouvé si grande, si courageuse, que tu as gagné mon respect éternel. Je n’ai, comme cela arrive trop souvent dans nos vies, jamais eu la chance de te témoigner cette admiration profonde de ce don de soi dont tu fus capable. Mais je sais que, là où tu es, tu le ressens.

Ton départ si subit, mais sans souffrance, pour moi, n’est pas une punition,mais une récompense pour toute l’énergie que tu as consacré aux gens. Ton Dieu t’a offert avec diligence le repos que tu méritais amplement. Certes, tu manqueras à tous ceux qui t’aiment, tu nous rappelleras que ce sont les meilleurs qui partent les premiers. Tu es partie en douceur, sans faire de bruit, comme le font les plus humbles. Sans déranger, tu nous a quittés, et même si la tristesse de cette séparation m’afflige, le souvenir de toi, forte et emplie de bonté, jusqu’à la fin, alimente l’espoir que nous devenions tous un jour les frères et soeurs que nous sommes, et que nous prenions tous et toutes conscience de notre devoir de prendre soin les uns des autres.

Il y a de ces Saints dont les miracles ne seront jamais relatés. Mais des miracles discrets, je sais que tu en as fait, chaque jour de ta vie de service. Nous sommes nombreux aujourd’hui à te pleurer, mais, lorsque nos larmes auront disparu, ton inspiration demeurera. Et nous devrons continuer à nous inspirer de tes actes, afin d’inspirer à notre tour ceux qui nous suivront.

Je t’aime, ma Tante. Tu me manqueras. Beaucoup. Bon voyage et salue ceux et celles que nous aimons et qui t’attendaient au bout du chemin, et que nous reverrons un jour à notre tour. Et, dans l’éternité, veille sur ceux qui restent.

Ton neveu,

Eric

 

 

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